Le dauphin de Commerson est l'un des plus petits dauphins océaniques, et la sous-espèce présente sur ces itinéraires, C. c. commersonii, arbore un motif noir et blanc très net, bien différent de la forme plus grise et plus grande que l'on trouve autour des îles Kerguelen, à l'autre bout du monde. Les voyageurs le croisent le plus souvent dans le Beagle Channel, où de petits groupes se détachent du rivage pour surfer le sillage du navire, roulant sur eux-mêmes et laissant entrevoir leurs flancs blancs, assez près pour être photographiés sans téléobjectif.
On le retrouve ailleurs sur ce même tronçon de côte — autour des Falkland Islands, dans les eaux abritées au large de la Terre de Feu, et le long de certaines portions de la côte patagonienne plus au nord, partout où les navires se faufilent dans des chenaux étroits et des courants de marée. L'espèce est véritablement endémique à cette extrémité de l'Amérique du Sud, ce qui explique en partie pourquoi l'apercevoir donne l'impression d'avoir vraiment atteint l'extrême sud, plutôt que de simplement croiser des dauphins parmi d'autres.
Son nom rend hommage à Philibert Commerson, le naturaliste français qui décrivit l'espèce pour la première fois en 1767 après l'avoir observée dans le détroit de Magellan, et l'animal a depuis accumulé toute une série de surnoms — jacobita, dauphin skunk, dauphin pie, dauphin panda, tonina overa — qui jouent tous sur ce même pelage bicolore saisissant. Sur un itinéraire en Patagonia ou dans le Beagle Channel, c'est généralement le plus petit dauphin, le plus rapide et le plus contrasté, celui qui file autour du navire, facile à distinguer de tout animal plus grand croisant plus au large.